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 POURQUOI 

 

Nous faisons partie de ceux qui pensent que,

comme tant d'autres domaines,

et pour des raisons analogues,

le théâtre demande aujourd'hui

une profonde refondation.


Et pour nous, elle se fera en revenant aux fondamentaux,

tels qu'ils ont de façon continue depuis quatre siècles,

et ce jusqu'aux années "soixante"

permis de faire et de transmettre le théâtre en France :

 

un théâtre accessible à tous qui assemble des publics très divers,

conduit par d'excellents professionnels sélectionnés

à l'échelle nationale,

 

pour restituer de grandes passions du patrimoine théâtral

telles que leurs auteurs les avaient conçues

et créer

des oeuvres nouvelles fortes destinées à nos contemporains.

 

 

 

 

 

 

R

En détail :

Avant-proposu ce

Les habitants de la France peuvent aujourd’hui se nourrir, s’habiller et s’équiper à peu près comme les citadins des grandes métropoles. Pourquoi certains n’auraient-ils pas le même accès, près de chez eux, à un théâtre professionnel - et à son accompagnement culturel - de niveau national ?

Il a été largement démontré à travers le monde que l’attractivité économique est indissociable d’une offre artistique et culturelle de haut niveau, pour retenir ou attirer surtout dans des zones considérées comme non prioritaires des énergies vitales notamment dans la jeunesse.

C’est ce à quoi s’emploie LE DOMAINE DE L’ACTEUR, qui amène vers la population la plus large, notamment celle qui ne VA PAS au théâtre ni dans des lieux de diffusion culturelle un théâtre professionnel considéré de haut niveau, appuyé sur un foyer local et permanent d’études, de rencontres, de réalisation, d’entraînement et de formation.

Avec, selon nous, la certitude que, comme ailleurs dans la société, il convient aujourd’hui de « rebâtir » profondément. Cela veut dire, pour le théâtre, retourner aux fondamentaux qui ont, depuis quatre siècles et jusqu’aux « années soixante », fait le théâtre français, selon la devise (de Molière à Jean Vilar) : divertir en instruisant. Alors, ce que chacun pourrait comprendre, c’est que, comme dans le sport d’équipe, la musique orchestrale ou la danse, c’est qu’au-delà de la venue de productions extérieures et ponctuelles, seule une démarche suivie dans la durée, menée par une équipe composée d’excellents acteurs "artistiquement adultes" et responsables - donc ayant suivi une formation supérieure, - est en mesure de garantir une forte qualité, par des progrès constants, à la fois collectifs et individuels, dans une relation familière et suivie avec la population.

Pour obtenir cela, LE DOMAINE DE L’ACTEUR s’est installé au centre de la France, à l’écart de concentrations et de sollicitations urbaines, au milieu d’une nature préservée. Dans un domaine privé d’1,3 hectare se trouve un ancien corps de ferme comprenant plusieurs vastes bâtiments. Y sont réunis les moyens moraux et matériels tellement nécessaires et très souvent insuffisamment disponibles pour élaborer au mieux des réalisations théâtrales, notamment des oeuvres nouvelles, et conduire et enregistrer par la caméra l'entraînement et la formation des acteurs.

Le DOMAINE DE L’ACTEUR a un bilan : plus de 120 manifestations sur plus de soixante sites du sud de la Région Centre-Val de Loire. Un très haut niveau de satisfaction exprimée en nombre - aussi par écrit - par la population et des élus a permis la constitution d’un public fidèle et nombreux (plusieurs milliers ces dernières années et jusqu’à 600 spectateurs par représentation dans telle commune de 800 habitants).

S’y ajoutent des manifestations présentées ailleurs en France et à l’étranger : certaines de nos réalisations qui ont mêlé ici une quarantaine d’artistes (dont certains sont largement reconnus : Francis Perrin, Anny Duperey, Claude Jade, Danièle Évenou, Nicolas Vaude) comme certains issus de la région ont été présentées dans des lieux officiels à Paris, et nos ateliers de formation supérieure des acteurs, créés à Paris, notamment à la Sorbonne-Nouvelle, ont été mis en place et financés ici avec l’État. Tout cela est détaillé sur notre site.

Tout cela prolonge une action conduite de façon continue depuis plus de quarante ans, à la lumière des évolutions du cadre d'activités contraint. Une telle démarche a dû jusqu’ici se développer en marge ou en dehors des schémas administratifs antérieurement préétablis, grâce aux soutiens d’élus départementaux, municipaux et d’autres personnalités. Et à l’aide de concours forcément provisoires. Pour poursuivre, il faut maintenant une nouvelle impulsion, et une réorientation, à la fois pour la création  théâtrale et pour la formation des professionnels à un niveau national.

 

 

 COMMENT 

 

En adaptant à notre temps donc aux conditions qui le caractérisent l'esprit qui a construit et transmis

l'art dramatique depuis quatre cents ans en France

 

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus

sur la "tradition théâtrale"

 

Puisqu'il convient aujourd'hui

de préciser... et de rappeler

 

 

 

 L'ACTEUR 

Énoncées très clairement par Shakespeare puis par Molière, les règles d'or du jeu de l'acteur ont, à leur suite, été revendiquées, mises en pratique et transmises (dans leurs enseignements et dans leurs écrits) par les plus grands acteurs français à travers les siècles suivants jusqu'au milieu du XXe. Elles ont inspiré le fondateur du Théâtre National Populaire, Firmin Gémier, puis son successeur Jean Vilar. 

La génération éclose dans les années soixante a sans doute été la dernière qui ait eu l'immense privilège d'avoir pu être formée à cet artisanat par les derniers très grands maîtres, comme l'ont été Henri Rollan et Fernand Ledoux. L'art et les techniques de l'acteur, et la haute Tradition qu'ils nous ont imprimés, ils les tenaient de leurs maîtres qui les avaient hérités des leurs, et ceux-là des leurs, et ainsi en remontant jusqu'au XVIIe siècle...

La génération à laquelle j'appartiens a été formée dans l'esprit de ces sociétés d'acteurs, à l'époque où à leur suite, dans les années soixante, nous avons encore connu dans Paris trois grandes TROUPES nationales: la Comédie-Française, le T.N.P. de Jean Vilar et le Théâtre de France - Renaud Barrault (je rappellerai plus loin le grand intérêt irremplaçable des troupes).

Il nous appartient d'y consacrer notre existence et de chercher à notre tour à les transmettre,

selon la règle revendiquée de Molière à Jean Vilar :

distraire en instruisant.

 

 LE THÉÂTRE 

 

Contrairement à une peinture, à une sculpture, à une symphonie et à un roman, dans une pièce de théâtre, la seule unité vient de la rencontre, de la confrontation d'êtres humains qui sont autant d'univers différents, ce qui constitue précisément le génie particulier du théâtre, fait de la même "étoffe" mystérieuse que la vie elle-même.

Alors, d'année en année, la conviction de beaucoup d'entre nous s'est affermie que le spectacle théâtral est d'autant plus VIVANT que ce que le public reçoit émane pleinement de la libre créativité de chaque acteur, sans qu'aucune main extérieure ne vienne s'insérer entre l'auteur et les interprètes. (Ce qu'avait clairement redéfini au mileu du XXe siècle Jean Vilar).
 

Un théâtre excellent, ce sont des textes excellents joués par des acteurs excellents. Comme le remarquait il y a cent ans un des grands artisans du théâtre, Charles Dullin : "Ce n'est pas la machine à descendre les dieux sur scène, ce sont les dieux qu'il nous faut."

Donc, pour obtenir cela, nous replaçons au centre de l’acte théâtral des acteurs libres et donc responsables de leurs interprétations, également comme leurs devanciers, coresponsables de leurs présentations communes, afin d'être aptes à offrir des confrontations ouvertes de fortes personnalités au meilleur service des auteurs et du public.

 

 

 

Pour en savoir (encore) plus :

Ce que nous apprenons de quatre siècles de théâtre français, 

ou

Comment a fonctionné le théâtre

 

 

 LA TROUPE  d'acteurs 

 

La libre association en troupes et sociétés d'acteurs a permis pendant quatre cents ans l'accueil et les commandes d’œuvres aux auteurs, a donc fait exister l’essentiel de notre répertoire et a rendu les artistes collectivement libres, maîtres et responsables – y compris financièrement – des entreprises théâtrales. 

Sous la conduite d'un acteur "chef de troupe", elles réunissaient des acteurs soucieux de conduire ensemble leur entreprise artisanale.

Leur association leur assurait la liberté et la responsabilité de l'interprétation de leurs rôles, dans un ensemble scénique élaboré en commun..

L'ensemble composé d'acteurs de tous âges, donc d'expériences professionnelles et humaines diverses, permettait une juste interprétation de tous les personnages d'une œuvre dramatique.

L’alternance des spectacles offrait l'épanouissement personnel de chacun au profit de la qualité des spectacles :  le rôle principal de tel jour assumait un modeste emploi tel autre jour.

De même qu'un sportif de haut niveau n'enchaîne pas tous les jours de grandes compétitions, avec l'alternance des spectacles, la représentation revêtait un caractère événementiel. 

Jusqu'au XIXe siècle, la réalisation se faisait au sein de la troupe, par un des comédiens, avec parfois l'auteur.

L'étude, la recherche et l'entraînement communs conduisaient à la connaissance puis à la maîtrise des oeuvres, et pour le patrimoine théâtral, de la civilisation (éloignée de notre quotidien) qui a produit ces œuvres, afin de pouvoir en restituer la dimension réelle et permanente.

Ainsi, la troupe assurait aussi - en son sein - une formation approfondie, théorique et concrète pour les générations d’interprètes à venir.

Enfin, œuvrant dans la durée, elle pouvait nouer une relation suivie et familière avec le public.

A l'origine, sans communication entre les deux côtés de la Manche, les troupes françaises et anglaises comportaient douze à treize acteurs. (Avec ce nombre d'acteurs, en France, pouvait être joué tout le répertoire classique et en Angleterre, le génie de Shakespeare a ajouté une dimension dramatique que n'offre pas un grand nombre d'interprètes.)

 

Écoutons nos maîtres du siècle dernier.

Jean VILAR :

"- Je dis : qu’une troupe dirigée par un responsable confie donc à un acteur de la troupe un rôle de régisseur, de miroir, d’arbitre, et laisse aux acteurs (consciencieux et bons, bien sûr) le souci de trouver et réaliser leur personnage, voilà qui m’enchanterait…

On devrait se passer de ce truchement, le metteur en scène… En un mot : des acteurs connaissant à fond leur métier (je dis bien : métier. Et dans le sens le plus artisanal, ouvrier du mot), des acteurs , dis-je, un auteur et un régisseur. La machine théâtrale réduite à sa plus simple expression.

Et remarquez que l’utilité du metteur en scène n’est plus qu’une sorte de nostalgie maladive chez le comédien habitué à être cadré, asservi à la voix orageuse ou persuasive d’autrui.

Pour moi, l’existence, la permanence de cet emploi dans le théâtre d’aujourd’hui est le signe d’une dégénérescence…

Laissez-moi vous répéter qu’ainsi, toute la machine théâtrale fonctionne à l’envers."

Il précisait ailleurs qu'un acteur qui ne concevait pas lui-même son personnage ne faisait qu'une partie de son travail. Nous osons ajouter: ... que la partie la plus élémentaire de son travail.)

Charles DULLIN :

"La plupart des progrès mécaniques ne peuvent rien apporter pour l’instant au théâtre. Ils ne partent pas d’une intelligence véritable de notre art ; ils sont pauvres, très pauvres au regard de l’illusion et méprisables en face de l’esprit.

Le plus beau théâtre du monde, ce n’est pas dans un déploiement de richesses inutiles qu’il faut le chercher. La plupart des théâtres modernes peuvent en quelques semaines être transformés en banques, en grands magasins, sans grand dommage. Pour moi, ils n’ont pas d’âme.

Ce n’est pas la machine à descendre les dieux sur scène, ce sont les dieux qu’il nous faut."

 

 

 

 

 

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